Bienvenue à vous!

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Bonjour et bienvenue sur ce blog, consacré à ma fic. J'espère que vous passerez un bon moment en compagnie des Maraudeurs et de mes petits perso à moi!

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Fiche technique:


Titre: A Travers le Temps...où comment changer l'Histoire


Résumé: France , 1992 : le monde sorcier n'est plus celui qu'il était...depuis que Voldemort a accédé au pouvoir, en 1978, les moldus ont été réduits en esclavage, au service des Sang-Pur, derniers représentants du monde sorcier. La terreur règne sur toute l'Europe, tombée sous le joug du Seigneur des Ténèbres. Derniers rescapés du premier (et unique) ordre du Phénix, quelques sorciers luttent au quotidien pour tenter de défaire le Lord Noir...

Grande-Bretagne, 1977 : 7ème et dernière année pour Ann, Lyn et Jenn, 3 jeunes filles au caractère bien trempé et qui comptent bien profiter au maximum de leur dernière année à Poudlard. Entre les cours, les amitiés, naissantes ou de longue date et les Maraudeurs, leur dernière année sera bien différente que ce qu'elles imaginaient... Année charnière dans leur vie de sorcières, mais également année décisive pour le sort du monde entier, sorciers et moldus confondus...


Genres: Un petit mélange d'humour, d'aventure, de romance et un côté Univers Alternatif au début avec Voyage Temporel à la clé...


Rating: M, pour les propos assez crus que pourraient avoir certains personnages et plus si affiinités ^^


Disclaimer: Les persos appartiennent à la célébre JK Rowling, hormis certains (Annalee, Melynda, Jenny, Alyz, Izzy et Josh, pour ne citer qu'eux). Bien évidement, la seule reconnaissance que je perçois est l'apréciation des lecteurs!

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Je crois que j'ai fait le tour pour cette petite introduction. Il ne me reste plus qu signaler que les montages sont a priori tous de moi (je le signalerai dans le cas contraire) et que mon accord est nécessaire pour leur utilisation et/ou diffusion.



Bo
nne lecture!!

Annalee

# Posté le jeudi 12 juin 2008 17:33

Modifié le samedi 14 juin 2008 16:16

Prologue

Prologue
L'image vient du site: www.gfxartist.com

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Prologue

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France, 1992.

La nuit était maintenant tombée depuis longtemps, une nuit noire d'encre, sans lune pour éclairer ses pas. Heureusement pour elle ! La moindre lumière aurait pu la trahir alors qu'elle se faufilait au hasard des rues, remontant certaines ruelles pour rebrousser chemin quelques mètres plus loin. On aurait pu croire qu'elle errait sans but précis, mais elle savait parfaitement ou aller et comment faire pour éviter les détachements de mangemorts qui quadrillaient la ville dès la tombée de la nuit.

En effet, depuis maintenant près de quatorze ans, le Lord Noir était au pouvoir. Tout avait commencé un beau jour de printemps, en 1978. Hannah était encore étudiante à la célèbre école de sorcellerie qu'était Poudlard. Les armées du Seigneur des Ténèbres avaient fait irruption au château à la fin de la journée, une bataille avait eu lieue, horrible, sanglante, sans pitié. L'affrontement avait duré plusieurs jours, jours pendant lesquels les élèves réunis à l'intérieur du château avaient tremblé au moindre bruit, avant de finalement se jeter corps et âmes dans le conflit, sachant pertinemment que plus rien ne pourrait les sauver de leur destin funeste.

Personne ne s'était attendu à ça, mais peut on vraiment être prêt à voir ses amis mourir sous ses yeux, à les voir s'effondrer comme une vulgaire poupée de chiffon sans avoir le temps d'esquisser un geste pour se protéger... Ce jour là, celui qui se faisait dorénavant appeler le Maître avait gagné la plus importante de ses batailles. Il avait d'une seule fois éliminé la quasi majorité des sorciers aptes à prendre la relève et le plus gros des Aurors venus aider.

Après son écrasante victoire, l'école avait bien sur été fermée et les rares survivants étaient en fuite. Des petits groupes de mangemorts et autres sbires du Seigneur des Ténèbres fouillaient avec un soin minutieux chaque maison, même la plus reculée et éliminaient tous les sorciers de Sang-mêlé, indignes selon eux de pratiquer la moindre magie. De nombreuses familles d'éminents sorciers de la Communauté Magique furent ainsi décimées, réduisant du fait la proportion de sorciers en Angleterre.

En quelques semaines, tout le pays était tombé sous la coupe du Maître, ce dernier ayant planifié ses actions longtemps auparavant et avec un soin des plus méticuleux. Rien ne fut laissé au hasard. Les résistants étaient abattus sans sommation, c'est ainsi que cela fonctionnait : se ranger aux côtés du Seigneur sombre et vivre ou s'y opposer et mourir. Les moldus ne furent pas épargnés non plus et furent décimés autant si ce n'est plus que les sorciers. Si les mangemorts ne les tuaient pas, ils les emmenaient dans les nombreuses prisons qui s'élevaient à travers tout le pays. Ils y étaient alors torturés des jours entiers. La plupart n'y résistaient pas et mourraient dans d'atroces souffrances et les rares survivants étaient envoyés dans les maisons des sorciers à la botte de Voldemort, afin d'y servir d'esclaves. Brisés autant dans leur âme que dans leur corps, aucun n'opposait la moindre résistance, n'étant de toute manières pas de taille à lutter.

Quelques sorciers furent également emprisonnés dans ce que l'on appellera plus tard les Donjons de la Mort ; principalement les sorciers descendants de longues lignée de sorciers au sang pur mais s'étant opposés à la suprématie du Lord Noir. En effet, après avoir éradiqué une grosse partie de la communauté magique, les sorciers se retrouvaient dans une proportion si faible que leur survie aurait été menacée, à long terme, abattus par la consanguinité qui aurait fini par s'établir. En gardant ainsi des sorciers de pur souche derrière les barreaux de ses forteresses de la mort, Voldemort s'assurait d'avoir à volonté et directement sous la main des apports de sang neuf, asseyant ainsi son contrôle sur toute chose.

Bien sur, une résistance se mit en place et remporta de nombreuses batailles, au début tout du moins. Mais ils étaient si peu nombreux par rapport aux armées des Ténèbres qu'ils furent vite réduits à une poignée. Les moldus tentèrent également de résister, et pendant un temps, sorciers et moldus se battirent côte à côte face à Voldemort, embrasant de ce fait l'Angleterre toute entière.

Puis voyant leur guerre jouée d'avance, le premier Ordre du Phénix, ou ce qu'il en restait, s'exila en France, pays encore épargné pour l'instant. Là, ils purent se reconstruire quelque peu et regrossir leurs rangs. Pendant quelques années, Voldemort se contenta de régner d'une main de fer sur l'Angleterre, coupant l'île de tout le reste du monde. Personne ne pouvait y entrer et personne ne pouvait en sortir. Le reste du monde sorcier fut alors plongé dans l'ignorance la plus totale quand aux mouvements du redoutable Seigneur.

Puis, au début de l'année 1990, ce fut le monde entier qui s'embrasa. Les places fortes des résistants furent assaillies par des hordes de créatures et de mangemorts, tous plus redoutables les uns que les autres. La résistance fut puissante, ayant eu le temps de se préparer à l'attaque qui se profilait. Pendant un temps, ils furent même prêts de remporter la victoire, mais Voldemort en personne apparut alors. Il avait passé son temps à chercher les moindres sortilèges de magie noire lui permettant d'accroître sa puissance et avait gagné son pari : aucun sorcier vivant n'était en mesure de lui tenir tête, pas même Albus Dumbledore, à la tête de l'Ordre établi en France. Toutes les places fortes du monde tombèrent les unes après les autres, les combattants se regroupant peu à peu dans la dernière encore debout, en France.

C'est ainsi qu'en cette année 1992, Hannah, jeune femme de 32 ans, se retrouvait à traverser une ville infestée de mangemorts traquant sans relâche les membres de la résistance afin de les débusquer et de les exterminer. Au bout de plusieurs minutes plus ou moins laborieuses, elle arriva finalement devant une petite porte, et toqua trois coups sec. Rien ne se produisit sur le moment, mais la jeune fille disparue soudainement après une discussion plutôt houleuse de plusieurs minutes, comme si elle avait été aspirée sous terre.

*~*~*~*~*~*~*~*

Avec un rayon de lune pour seule lumière, un vieil homme étudiait attentivement les nombreux papiers disposés devant lui. Sa longue barbe blanche rivalisait de longueur avec ses cheveux, tout aussi blancs et tombait allègrement sur la table à laquelle il était installé, sans que cela ne le dérange outre mesure, à moins qu'il ne s'en soit pas aperçu, tellement il était absorbé par ses documents.

De fait, les vieux grimoires étalés sous ses yeux l'avaient quelque peu déconnecté de la réalité et il sursauta lorsqu'une voix lui annonça une visite.

« Hannah M. »

Levant enfin les yeux de son ouvrage, il distingua la longue silhouette filiforme qui s'approchait de lui à pas feutrés et se leva pour l'accueillir.

-Miss Hannah, quel plaisir de vous revoir...en vie. J'avais cru comprendre que...

-Et bien vous avez certainement du être mal informé, professeur. Comme vous le voyez, je suis bel et bien de retour, et entière de surcroit !

-Votre équipier m'a pourtant assuré que vous étiez morte, tombée sous le feu des mangemorts. Il nous a même ramené votre baguette, en guise de preuve. Dit le vieil homme en lui tendant une baguette en bois.
Hannah tendit la main et la baguette quitta celle de l'homme pour venir s'y logée. Elle émit quelques étincelles rouges dès qu'elle entra en contact avec la main de son propriétaire puis s'éteint.

-Il m'a effectivement laissée pour morte, après m'avoir gentiment attiré dans un piège. Tout laisse penser que nous avons un espion dans nos rangs professeur...

-En effet, cela expliquerait beaucoup de choses... mais vous êtes certaine de ce que vous avancez là, miss Hannah ?

-Entièrement, Peter m'a livré aux mangemorts et a trahi l'Ordre, j'en suis persuadé !!Réplique la jeune femme d'une voix vibrante de haine et de colère mal contenue.

-Bien, je vous remercie de ses informations. Croyez bien que j'en ferai bon usage. Cependant, j'aurai aimé vous entretenir d'un sujet tout aussi préoccupant, si ce n'est plus.

-Je vous écoute...

-Vous n'êtes pas sans savoir que nos forces s'amenuisent peu à peu...

-Non, en effet !

-Seulement l'heure est plus grave que vous ne le croyez. Avec un traître dans nos rangs, comme je le soupçonnais depuis quelque temps déjà, ajouté à votre témoignage, nous ne sommes plus surs de rien. L'ennemi peut très bien savoir ou nous sommes en ce moment même, peut être même est-il déjà à notre porte épiant nos moindres mouvements, peut être nous écoute-t-il en ce moment précis...
Un frisson glissa le long de la colonne vertébrale de la jeune femme, à présent assise face au vieillard.

-Vous croyez que...

-Je ne crois rien ! Je ne fais qu'explorer l'infinité des possibilités dont nous disposons. Le temps nous est compté, la guerre se prépare, plus meurtrière et dévastatrice que toutes celles que nous avons mené jusqu'alors. Et nous ne pouvons pas la gagner, affaiblis comme nous le sommes.

-Mais il y a bien un espoir ! Vous ne pouvez pas abandonner ainsi, pas vous qui luttez depuis près de vingt ans !!

-En effet, il y a bien un espoir, mais je ne sais pas si nous aurons assez de temps pour le mettre à profit.

-Qu'importe, c'est notre seule chance, il nous faut la tenter !

-Oui, il le faut, pour l'avenir de tous les êtres humains, sorciers et moldus. Si seulement Peter ne nous avait pas trahis...Soupira le vieil homme, abattu par cette découverte.

-Et si seulement Voldemort n'avait jamais existé ! Mais les choses sont ce qu'elles sont, et à moins de changer le passé, nous devons faire avec. La vérité est là, professeur, Peter Pettigrew nous a bel et bien trahis !

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Voilà, j'attends vos commentaires en espèrant que ça vous a plu!

Annalee
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# Posté le jeudi 12 juin 2008 17:58

Modifié le samedi 14 juin 2008 16:31

Chapitre 1



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Chapitre 1

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18 août 1977, quelque part en Ecosse.

Une voix se fit entendre, apparemment depuis la cuisine, ne manquant pas de la tirer du profond sommeil dans lequel elle était plongée.

-Anna !!! Courrier !!

Un grognement en guise de réponse et la dénommée Anna s'enfonça encore un peu plus sous les couvertures, ne laissant dépasser qu'une mèche de cheveux châtains.

Des pas se firent entendre, résonnant sur le carrelage du couloir, toujours plus proches. Puis ils s'arrêtèrent devant la porte de sa chambre et quelques secondes s'écoulèrent.

Et là, le massacre commença. La porte s'ouvrit à la volée et alla s'écraser contre le mur gauche, conjointement au grincement des gonds auxquels l'huile faisait manifestement défaut depuis un très long moment, le tout provoquant un agréable vacarme qui ne manquait certainement pas de réveiller l'intégralité de l'immeuble, selon Annalee.

S'en suivit un irritant crissement de chaussure sur le parquet de la chambre, indiquant un déplacement dans la pièce, indéniablement se dirigeants vers la fenêtre qui couina également à l'ouverture plus ou moins douce de sa s½ur.

Les volets claquèrent agréablement contre le mur, achevant ainsi de réveiller les habitants du quartier et la lumière inonda alors la pièce, révélant ainsi une vague forme au fond du lit.
Une main surgit de sous les couvertures et s'abattit sur le visage de la jeune fille, la protégeant du mordant de l'astre lumineux qui prenait un malin plaisir à la torturer tous les matins.

Les pas quittèrent alors la fenêtre pour s'approcher du lit et Annalee se raidit, dans l'attente de la collision qui s'annonçait imminente.

3...2...1...impact.

Un poids s'abattit sur son ventre et elle empêcha à grand peine son souffle de quitter son corps sans espoir de retour. Elle recommença à grogner comme sa s½ur tirait d'un geste brusque les draps, exposant ainsi son corps au froid régnant dans la pièce.

-Allez, debout feignante ! Il y a une lettre qui t'attend à côté d'un gros bol de chocolat encore fumant accompagné de croissants tout juste sortis du four !

Le mot croissant acheva de la réveiller, si cela fut encore possible après tout le soin mis par sa s½ur il y a tout juste quelques minutes pour la sortir du lit.
Elle ouvrit péniblement un ½il, puis deux, s'habituant peu à peu à la luminosité de la pièce et tâtonna d'une main sur sa table de nuit avant d'y trouver sa paire de lunettes qu'elle posa alors sur son nez.
De l'autre main, elle attrapa son peignoir qui trônait sur une chaise non loin de là et le passa tout en se levant du lit. Elle termina son rituel du matin en chaussant ses pantoufles et passa une main dans sa tignasse mordorée, dégageant ainsi son visage.

Ainsi parée, elle se traîna jusqu'à la cuisine ou elle s'affala sur une chaise, face à son petit déjeuner, consencieusement préparé par sa grande s½ur. Le bol était en effet encore fumant et une appétissante odeur de croissant chauds s'élevait jusqu'à ses narines.

Elle en saisit un dans lequel elle mordit à pleine dent, un soupir de contentement lui échappant. Décidément, elle avait une s½ur en or, se dit-elle en croquant à nouveau un bout de croissant.

La dite s½ur s'installa alors en face d'elle, dans un raclement de chaise, une tasse de café à la main, le journal du jour dans l'autre. Elle ne dit pas un mot, parcourant des yeux la première page du papier tout en sirotant son café.

Quelques minutes après, elle referma bruyamment son quotidien et releva les yeux vers Annalee qui venait de terminer ses croissants et s'attaquait maintenant à son chocolat.

-Alors, qu'est-ce qu'elle dit cette lettre ?

Un déclic se fit alors dans l'esprit d'Ann et ses neurones se connectèrent pour transmettre l'information jusqu'à la partie consciente de son cerveau.

-Une lettre ? De qui ?

-Il me semble qu'elle arrive tout droit de Londres. Apportée par une espèce de gros hibou marron. Ajouta-t-elle dans un sourire. Elle est sur la petite table du salon. Lança-t-elle à sa s½ur, qui s'était précipitée dans la pièce jouxtant la cuisine.

Elle revint, triomphante, en agitant une enveloppe beige dans sa main droite, un sourire éclatant sur la figure.

-Elle vient de Jenn !! Pourquoi ne m'as-tu pas avertie plutôt !!

-Je te ferai remarquer que je t'ai appelé dès qu'elle est arrivée, mais tu n'as pas daigné sortir du lit ! Rétorqua sa s½ur sur le même ton faussement irrité.

Mais Ann n'écoutait déjà plus, toute plongée qu'elle était dans la lecture de son courrier. La lettre en elle-même n'était pas très longue, à peine une page, mais elle regorgeait d'informations toutes plus croustillantes les unes que les autres, en provenance directe d'une source fiable : Jenny Kendall, sa meilleure amie.

Outre le résumé des ses vacances aux Etats-Unis, cette dernière lui racontait les derniers potins du monde sorcier, mais, la partie la plus intéressante était sans conteste celle ou elle lui demandait de venir passer la fin de ses vacances chez elle, dans la banlieue de Londres, ou elle habitait avec ses parents dans une vaste propriété.

-Dis, Roxanne, tu reprends bien le travail demain, n'est-ce pas ?

-Oui, pourquoi cette question ?

-Jenn m'invite chez elle pour la fin des vacances ! Comme ça je ne resterai pas toute seule à la maison et tu auras l'appartement pour toi toute seule, et tu pourras ramener ton Dimitri sans avoir besoin de préciser qu'il y a ta petite s½ur dans la pièce à côté ! Termina-t-elle, un brin moqueuse.

-Oh toi !! Espèce de...

-Merci grande s½ur !!! Je file préparer ma valise ! La coupa-t-elle à nouveau, en achevant son bol en quatrième vitesse.

A peine trente minutes après, elle était habillée de pied en cape, sa valise dans la main gauche, son sac de cours et la cage de MacGregor, son chat, dans la droite.

-Roxanne !! On y va ?? Clama-t-elle tout sourire.

*~*~*~*~*~*~*~*


Un point de rendez-vous avait été convenu, quelques années auparavant, entre les deux jeunes filles, point à partir duquel un portoloin les emmenait directement chez les Kendall.

Situé à trois quart d'heure de chez Annalee, c'est sa s½ur qui l'y déposait en voiture. Comme d'habitude, le trajet se déroula silencieusement, chacune savourant ces derniers moments ensemble. Les deux s½urs savaient bien qu'elles ne se reverraient plus avant l'été prochain, Annalee terminant ses études à Poudlard tandis que Roxanne travaillait en tant que serveuse dans un restaurant.

Avec un seul salaire pour deux, Roxanne évitait de prendre ses congés, préférant travailler et Annalee restait à Poudlard pendant les vacances scolaires, évitant ainsi à sa s½ur d'avoir une bouche supplémentaire à nourrir.

En effet, les deux jeunes filles habitaient sous le même toit depuis de nombreuses années maintenant, n'ayant pas voulue êtres séparées à la mort de leurs parents, survenue une dizaine d'année auparavant. Roxanne avait alors sacrifiée ses études afin de trouver un travail pour pouvoir s'occuper de sa jeune s½ur, âgée à l'époque d'à peine sept ans.

L'entrée de la jeune fille à Poudlard, quatre ans plus tard, avait été une déchirure pour les deux s½urs, habituées à vivre l'une avec l'autre en continu et à dépendre l'une de l'autre, liées par un lien encore plus fort depuis la disparition tragique de leur parents.
Puis une nouvelle routine s'était installée, chacune se créant une vie loin de l'autre, ne se retrouvant qu'à l'été, et quelques rares fois pour Noël. Ainsi allait la vie...

La petite voiture arriva à destination aux alentours de 11h et se gara devant une vieille gare désaffectée. Annalee descendit et sortit ses affaires du coffre, le refermant dans un claquement sourd.

Alertée par le bruit, Une grande blonde passa la tête à travers une porte à moitié arrachée de la gare et sortit en reconnaissant son amie. Elle alla à sa rencontre, un sourire plaqué sur son visage.

Les deux jeunes filles s'étreignirent puis Jenny salua Roxanne.
-Bien, vous êtes piles à l'heure ! Le portoloin part dans quelques minutes. Annonça Jenny de sa voix cristalline, signifiant ainsi aux deux s½urs que l'heure de la séparation approchait. Elle se saisit de la valise de son amie et s'éloigna de quelques pas, leur laissant un peu d'intimité.

-Bon, eh bien, on se revoit l'été prochain alors...Commença Roxanne.

-Ouais...à moins que tu prennes...

-Anna, on en a déjà parlé. Je ne peux pas me permettre de prendre des vacances, tu sais bien que c'est un peu juste ces temps ci.

-Oui, je sais, je sais, mais j'avais espéré que peut être...

-Je comprends. Allez, viens par là, va. Dit-elle en attirant sa jeune s½ur contre elle.

-L'année passera vite, tu verras ! Tu n'auras même pas le temps de penser à moi, occupée comme tu seras ! Et puis dis-toi que c'est ta dernière année, avec tout ce que cela comporte. Les examens à réviser et tout ça...

-Mouais...tu as raison. Répondit Annalee en essuyant machinalement une larme qui roulait sur sa joue. Cette année ne sera pas de tout repos, aves les ASPIC et les cours...

-N'oublies pas que c'est aussi ta dernière année au collège, profites-en au maximum, petite s½ur. Il n'y a pas que les études dans la vie, tu as aussi des amis qui t'aiment là bas !

-Oui, je sais tout ça.

-Bien ! Mais j'espère que cela ne t'empêchera pas de m'écrire de temps à temps !!

-Tout comme j'espère que Dimitri ne te prendra pas tout ton temps et que tu pourras ainsi me répondre ! Rétorqua-t-elle en rigolant.

-Hum...Ann, intervint Jenny...il est l'heure.

-Oui oui, j'arrive Jenn !!

-Allez, file, tu va louper le départ !! Renchérit sa s½ur.

-Bon, bah, au revoir ! Dit Annalee en étreignant une dernière fois sa s½ur.

-Fais bien attention à toi surtout hein !!

-Tu parles, c'est plutôt à toi que je devrais dire ça. J'ai entendu dire que les russes...

-Ouste ! Je ne veux plus rien entendre ! Rigola Roxanne.

Annalee prit le reste de ses affaires et rejoignit son amie qui l'attendait près d'un vieil oreiller dont les plumes commençaient à se faire rares. Elle se retourna et adressa un dernier signe de la main à sa s½ur puis saisit un coin de tissu au même moment que son amie et toutes deux disparurent alors, laissant sur place une Roxanne qui ne retenait plus ses larmes.


*~*~*~*~*~*~*~*


Quelques secondes plus tard, les deux jeunes filles atterrirent sans aucune grâce dans le parc des Kendall, à l'abri des regards curieux des éventuels passants. S'époussetant rapidement, Annalee ramassa ses affaires, et, avec l'aide de Jenny, les monta dans la chambre d'amis qu'elle occupait habituellement lorsqu'elle séjournait ici.

Comme à l'accoutumée, la grand maison était vide, les parents de son amie étant pour l'instant au travail. Après avoir traversé le grand hall d'entrée, monté un gigantesque escalier de marbre et avaler le long couloir de l'aile droite, elles arrivèrent enfin à la chambre d'Annalee, qui jouxtait celle de Jenny.

Comme à chaque fois qu'elle venait ici, Annalee ne pouvait s'empêcher d'admirer la grandeur de la propriété et les dimensions impressionnantes des pièces. Un gigantesque lit double siégeait au centre de la pièce, face à une armoire à glaces à quatre pans. Une commode, deux tables de nuit, une bibliothèque, un bureau, un coffre au pied du lit, et une coiffeuse venaient compléter harmonieusement le mobilier.

La première fois, Annalee n'avait pu retenir un hoquet de stupeur face à tant de richesse et s'était demandé si son amie ne lui montrait pas là la suite royale. Mais après un rapide tour d'horizon, elle s'était vite aperçue que l'intégralité de la dizaine de chambres d'amis était meublée de la sorte, sans compter les salles de bain personnelles, communiquant avec chaque chambre, toutes équipées d'une douche et d'une baignoire.

Pour Annalee, partageant un petit trois pièces avec sa s½ur, le manoir avait des allures de palace. Elle avait eu beaucoup de mal à accepter une telle démonstration de richesse de la part de son amie, fille unique adulée par ses parents. Elle n'arrivait pas à comprendre comment une villa de cette taille ne pouvait abriter que trois personnes. Encore, s'ils avaient été cinq ou six enfants, elle aurait, à la limite, essayé de comprendre. Mais là...

Elle avait bien tenté d'en parler avec Jenny, une fois, mais celle-ci avait paru si choquée lorsqu'elle avait parlé d'inégalité qu'Annalee avait vite changé de sujet, ne voulant pas détruire leur amitié pour si peu, en fin de compte. Mais intérieurement, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe de jalousie quand elle voyait Jenny, à table avec ses parents, tous trois heureux d'être ensembles, sans avoir besoin de se soucier d'éventuels problèmes d'argent.

Elle se sentait comme une intruse qui viendrait là leur voler une part de ce bonheur auquel elle n'avait jamais pu gouter. Heureusement, Lynn était généralement là avec elles, et Annalee se sentait ainsi moins étrangère, bien que jamais les Kendall n'aient fait preuve de méchanceté à son égard, bien au contraire. Elle était toujours la bienvenue chez eux et elle n'y manquerait jamais de rien, mais Annalee était ainsi et rien ni personne ne pourrait la changer.

-Au fait, Jenn, tu as invité Lynn aussi je suppose ?

-Oui, oui, bien évidement. Répondit son amie avec entrain. Elle doit nous rejoindre dans l'après midi, sa mère la déposera avant d'aller au Ministère.

Jenny l'entraina ensuite au salon ou elles s'installèrent dans de profonds fauteuils en cuir, chacune un verre de citron vert givré à la main. Jenny se lança alors dans un long monologue ou elle raconta avec une multitude de détails ces vacances américaines, sans oublier de préciser le nombre de ses conquêtes d'un soir.

Jenny était effectivement le genre de fille qui attirait le regard de tout mâle normalement constitué : grande, de longs cheveux blonds, un visage aux traits délicats, une silhouette finement sculptée qu'elle mettait en valeur par des vêtements près du corps, largement décolletés sur sa poitrine généreuse. Le seul point sur lequel elle trouvait à redire était la couleur de ses yeux, marrons. Elle les aurait évidement préférés bleus, comme Alyz. Elle s'en servait cependant avec une facilité incroyable, les habillant simplement d'un léger maquillage, faisant ainsi craquer les garçons d'un simple regard.

Elle enchaînait ainsi les conquêtes, ne restant jamais plus d'une semaine avec le même garçon, prétendant qu'elle s'était déjà lassée d'eux. A Poudlard, elle était considérée comme une de plus belles filles, toutes années confondues, et ne manquait pas de faire usage de cet état de fait pour obtenir ce qu'elle voulait.

Tout l'inverse d'Annalee, qui, loin d'être horrible à regarder, préférait la discrétion à l'admiration des foules et ne passait pas une heure à la salle de bain tous les matins pour se préparer. Certaines auraient pu se trouver des complexes à côté d'une Jenny Kendall, mais pas Annalee qui se suffisait à elle-même et dont l'avis des autres n'avait que peu d'importance.

Jenny ne se ventait jamais ouvertement de sa beauté devant Annalee et ne se servait jamais de sa réputation pour manipuler ses amies, le reste importait peu pour Anna.

Les deux jeunes filles passèrent le reste de la matinée à discuter de choses et d'autres, sirotant leur cocktail. Puis elles sortirent manger en ville et rentrèrent attendre le dernier membre de leur petit trio.

Melynda Elridge fit une entrée fracassante dans le hall de la maison, vociférant après un malheureux passant qui avait eu le « culot » de laisser son chien se frotter sur sa jupe noire toute neuve, y déposant ainsi une touffe de poils beiges malodorante.

Réprimant un fou rire, Jenny et Annalee allèrent à la rencontre de leur amie qui s'égosillait toujours. Levant la tête de sur sa jupe, elle aperçue les deux filles dans l'encadrement de la porte et un large sourire s'afficha sur son visage :

-Ann !! Tu es déjà là, toi aussi !! C'est génial ça ! Hurla-t-elle en sautant sur Annalee qui manqua de tomber sous le choc.

C'est une manie qu'ils ont de me sauter dessus aujourd'hui, pensa la jeune fille, en embrassant néanmoins son amie.

-Si vous saviez ce que ça me fait plaisir de vous voir toutes les deux, les filles ! Continua-t-elle d'un ton plus que joyeux. Tu n'as jamais eu de meilleure idée que de nous inviter pour la fin des vacances, Jenn. Lança-t-elle à la blonde.
Acquiesçant d'un sourire, Jenny lança un regard long de sous entendu à Annalee. Cela faisait maintenant cinq ans que les trois jeunes filles passaient la fin du mois d'août chez Jenny et Lynn leur sortait la même réplique tous les ans.

-Alors, vous devez en avoir des choses à me raconter non ? Qu'est-ce que vous avez fait de vos vacances ? Questionna Melynda.

-Plus tard, Lynn, plus tard ! Viens donc monter tes affaires à l'étage, on aura tout le temps après pour discuter. Répondit Jenny.

-Oui tu as raison. Allez venez, vous me raconterez tout ça en montant. Termina-t-elle dans un grand sourire.

Une fois les bagages dument montés dans la chambre face à celle de Jenny, les trois amies décidèrent d'un commun accord d'une après midi shopping. On est des filles ou on ne l'est pas ! Clama Lynn.

Elles partirent donc direction le centre ville de Londres et passèrent l'après midi à essayer toutes sortes de vêtements et à recherche la perle rare. Finalement, elles s'arrêtèrent vers les cinq heures pour aller boire un petit quelque chose de frais, comme disait Lynn. Elles s'installèrent alors en terrasse d'un bistrot bondé, par cette chaleur, et commandèrent leurs sodas.

Elles terminèrent l'après midi ainsi et rentrèrent au manoir pour le dîner, chargées de leurs emplettes de la journée. Les parents de Jenny étaient rentrés de leur travail et accueillirent les deux invités avec chaleur. Mme Kendall leur avait préparé un repas digne des meilleurs restaurants et les trois filles se régalèrent. La conversation fut joyeuse, et Annalee oublia bien vite la tristesse due à la séparation d'avec sa s½ur et profita pleinement des ses amies.

Une fois les reliefs du repas débarrassés, le trio monta au premier et se claquemura dans la chambre de Jenny. Cette dernière était bien plus imposante que celles des deux invités et comportait même un dressing rempli à craquer !

Les trois amies s'installèrent sur les larges coussins qui occupaient un coin de la pièce et commencèrent à discuter. En fait, c'était plutôt Lynn qui parlait, Ann et Jenn écoutant leur amie raconter ses vacances dans les moindres détails.

Ainsi, Melynda était partie quinze jours en France, avec sa mère et sa petite s½ur et elles avaient pu visiter le plus grand village uniquement sorcier de France.

-C'est au moins trois fois plus grand que Pré-au-Lard, et rempli uniquement de sorciers !! Les moldus ne peuvent pas y entrer et s'ils le font par mégarde, le village parait instantanément désert et à l'abandon. C'est assez flippant je dois dire, on a vu des photos qui traitaient du sujet, c'est pire que la Cabane Hurlante !!

-Ca devait être génial, soupira Annalee, rêveuse.

Elle n'avait jamais eu l'occasion de partir en vacances et rêvait de parcourir le monde, de découvrir d'autres cultures, avide qu'elle était de connaissance. Elle se délectait alors chaque été à écouter ses amies lui conté leurs souvenirs de vacances. Bien sur, Jenny avait une fâcheuse tendance à dériver rapidement sur un tout autre sujet que l'histoire et les coutumes locales, mais Annalee avait ainsi l'impression de faire parti du voyage, en quelque sorte.

Puis vint la question tant redoutée :

-Et toi Ann, tu as fait quoi pendant tes vacances ?

C'était bien Lynn ça, toujours à mettre les pieds dans le plat ! Comment leur dire qu'elle avait passé son été entre un petit boulot minable, histoire d'arrondir leur fin de mois, à Roxanne et elle, sa télé et ses livres.

-Oh, vous avez, moi...un peu de ci, un peu de ça...Rien de bien intéressant en fait, comparé à vos supers vacances !!

-Est-ce que tu as écrit quelque chose de nouveau ? Questionna Lynn.

Ah, voilà la nouveauté cette année !! Les filles avaient découvert l'an passé qu'elle avait une espèce de don pour l'écriture en tombant sur un parchemin qu'elle avait gribouillé pendant un cours particulièrement ennuyant d'Histoire de la Magie. Elle n'écrivait que des très petits textes, jamais plus d'une page ou deux, racontant des anecdotes du quotidien, résultant de son observation des gens qui l'entouraient.

Bien évidement, elle s'était empressée de tout dissimuler, ne voulant pas que ses amies se moquent d'elle, croyant que ce qu'elle écrivait ne valait rien ! Mais le peu qu'elles en avaient vu les avait plutôt impressionnée, tant elle arrivait à cerner la personnalité des gens d'un simple coup d'½il.

Tout d'abord réticente, Annalee avait fini par leur faire lire quelque un de ces textes et Lynn avait particulièrement apprécié son style. Jenny, elle n'aimait pas spécialement lire, elle préférait écouter Ann lui raconter ses histoires.

Aussi, c'était devenu un petit rituel entre elles. A chaque fois qu'Annalee avait terminé un nouvel écrit, Lynn s'empressait de le lire puis elle le racontait à Jenny, toutes deux apportant des critiques et améliorant ainsi son style.

-Eh bien, à vrai dire, commença Annalee, j'ai ramené ici tous mes textes de cet été ! Dit-elle en montrant la porte.

-Vrai ?? Vrai de vrai ?? S'exclama Lynn.

-Oui, véritablement vrai !! Renchérit Ann.

-Mais qu'est-ce que tu attends alors !! File les chercher ! Ordonna Jenny.

Riant aux éclats, Ann se leva et disparu dans sa chambre, revenant les bras chargés de plusieurs petits cahiers dans lesquels elle consignait ses travaux.

-Alors, à qui t'es tu attaquée cette fois ci ?

-Jenn, chut !! Garde la surprise !! Gronda Lynn.
Ann se réinstalla confortablement et entreprit de leur lire quelque unes des ces nouvelles, chacune centrée sur une personne de leur entourage.

Elles passèrent ainsi plusieurs heures à rire des descriptions, plutôt justes à dire vrai, qu'Ann faisait de leurs camarades, professeurs ou autres personnes que les deux autres ne connaissaient pas personnellement, mais dont Ann leur parlait quelque fois.

Finalement, elles s'endormirent toutes trois sur le lit de coussins, heureuses d'être de nouveau ensembles, à quelques jours de leur dernière année à Poudlard.


*~*~*~*~*~*~*~*


Cela faisait maintenant quelques jours qu'Hannah n'avait pas vu le professeur Dumbledore, pas depuis qu'elle lui annoncé la trahison de Pettigrew en fait. Après une discussion qui avait durée jusque tard dans la nuit, elle était rentrée chez elle et s'était couchée, épuisée des derniers événements.

Elle avait dormi durant près de 20h, d'un sommeil lourd. Même une attaque ne l'aurait pas réveillée. Quand elle émergea finalement, ce fut pour se rendre compte de la terrible réalité : ils étaient perdus. L'Ordre ne comptait plus que douze membres, le professeur et elle y compris, plus un espion.

Face à une armée si puissante que celle de Voldemort, que pouvaient-ils bien faire ? Hannah avait toujours été d'une nature optimiste, mais là, ça relevait plus de l'inconscience que de courage. Cependant, en elle, une petite voix ne cessait de lui souffler de ne pas perdre espoir : Dumbledore était toujours en guerre, tout espoir n'était pas mort. Il les sortirait de là, elle en était sûre...presque...

Pour l'instant, la seule chose qu'elle pouvait faire, c'était prévenir les autres que Pettigrew les avait vendus, comme lui avait demandé Albus. Qu'ils restent sur leurs gardes et se méfient plus encore que d'habitude.
Elle s'habilla donc et sortit, à la recherche des derniers membres de l'Ordre.

Il lui fallut environ une quinzaine de jour pour réussir à prévenir six personnes, et plus le temps passait, plus elle désespérait quant à l'issue de cette guerre. Elle n'avait aucune nouvelle de Dumbledore et sur les six membres qu'elle avait réussit à contacter, deux étaient bien mal en point et un avait succombé dans ses bras.

Ils ne se connaissaient pas personnellement, « Moins dangereux », avait dit le professeur. Tout ce qu'elle savait d'eux, c'était leur prénom et un point de rassemblement où chaque membre devait passer tous les trois jours, c'était là leurs seuls contacts les uns avec les autres.
Hannah ne connaissait que son coéquipier, ayant été étudiante en même temps que lui. Pour ce que ça lui avait apporté....

Ce soir là, elle s'apprêtait à visiter un autre lieu, espérant qu'un de membres de l'Ordre s'y montrerait. Il faisait nuit, mais c'était jour de pleine lune aujourd'hui et on y voyait quasiment comme en plein jour. Rien pour arranger ses affaires...Elle s'approcha d'un parc, plongé dans l'obscurité et se faufila jusqu'à une petite place, au centre du parc. Regardant fréquemment en arrière, elle s'assura qu'elle n'était pas suivie. Après tout, Pettigrew connaissait autant qu'elle les lieux de regroupement, et il s'était déjà certainement empressé de tout dévoiler à son maître.

Passant d'arbre en arbre, elle arriva finalement à destination. Un frisson parcourut son corps comme elle sortait de sa cachette, baguette en main. Le silence régnait ici, lourd, oppressant, angoissant même. Murmurant quelques mots, elle lança un mince filet doré en direction de la petite place bordée d'arbustes, filet qui prit la forme d'un mini-phénix, symbole de leur groupe.

L'oiseau fit le tour de la place durant quelques secondes puis se posa au centre et s'éteignit dans un crachotement lumineux, éclairant ainsi une vague forme au sol.
Le c½ur d'Hannah se serra instantanément. Se pouvait-il qu'elle soit arrivée trop tard ?

Un bruit de pas se fit entendre à quelques mètres d'elle, une branche qui craque sous le poids d'un corps. Elle s'aplatit au sol, tous les sens aux aguets. Puis un éclair fugitif passa à sa gauche, frôlant les feuilles au passage.

Tout s'enchaîna alors à une vitesse fulgurante : des voix montèrent de tous les côtés, murmurant des paroles qu'elle ne comprit pas, les pas se firent entendre distinctement, sans se soucier d'être entendus ou non. Puis un rayon lumineux fila droit sur elle et la frappa de plein fouet avant même qu'elle n'eut le temps de réagir.

Elle se sentit enserrée, sa baguette lui sauta des mains et atterrit à quelques mètres d'elle, dans le noir. Elle était piégée. Elle s'était laissée piégée comme une débutante. Pestant contre elle-même, elle tenta de se défaire de ces liens invisibles. Mauvaise idée. Plus elle se débattait, plus ses chaînes se resserraient sur elle, la comprimant comme dans un étau. Elle se calma et se força à respirer, faisant monter l'oxygène jusqu'à son cerveau afin de réfléchir, non plus en tant qu'être humain, mais en tant que guerrière.

Une silhouette se dessina alors devant elle, impressionnante dans sa large cape noire, bien plus grande qu'elle. Un ricanement froid s'en éleva alors, bientôt repris par tous les autres qui l'encerclèrent rapidement.

-Je sais qui tu es, Hannah ! Déclama la voix. Je te connais, comme je connaissais cet avorton qui croyait pouvoir nous vaincre. Continua-t-il en désignant le corps qui gisait à terre, non loin de là.

Pettigrew les avait bel et bien livrés, tous. Ce n'était plus qu'une question de temps pour qu'ils arrivent jusqu'au professeur. Elle devait à tout prix se sortir de là et le prévenir.

-C'est trop tard. Reprit la voix. Vous êtes perdus, vous avez perdu la guerre, comme nous vous l'avions toujours dit. Tant de morts auraient pu être évités si vous nous aviez rejoints. Nous aurions tous pu vivre en harmonie au service de notre Seigneur. Ta vie aurait pu être épargnée, si seulement tu ne t'étais pas entêtée à nous combattre. Mais c'est trop tard, tu vas mourir, ici, maintenant, en sachant que tout ce pour quoi tu t'es battue jusqu'à présent a été vain. Termina le Mangemort en éclatant de rire.

Elle ne sentit pas le sortilège partir mais s'effondra lorsqu'il la percuta. Tout son corps n'était plus que douleur et elle fut secouée de spasmes incontrôlables, ce qui eut pour effet de resserrer encore les plus les liens qui l'emprisonnaient, vidant peu à peu ses poumons de leur air. Puis la douleur cessa.

-Bien sur, je n'ai jamais dit que mourir était sans douleur. Reprit la voix dans un éclat de rire.

Un nouveau sort fusa, plus terrible que le précédent, ses chaînes l'emprisonnant de plus belle. Puis tout bascula en un éclair. Des cris s'élevèrent dans le groupe de Mangemort et elle entraperçut des sorts fusés de tous côtés. Ses liens se rétrécirent encore autour d'elle, lui serrant la trachée, l'empêchant de respirer. Des points noirs se mirent à danser devant ses yeux, si tant est qu'elle put les distinguer dans la nuit.

Elle entendit un corps s'effondrer à côté d'elle et la douleur du sortilège la quitta, tout comme ses liens invisibles qu'elle sentit disparaitre. L'air s'engouffra dans son corps et elle put respirer à nouveau. Elle tenta de se relever et de remettre la main sur sa baguette, se souciant peu de comment elle avait été libérée. Elle avança à tâtons dans le noir, vers l'endroit ou elle avait vu sa baguette tombée. Quelque chose la percuta alors, la projetant au sol.

Elle sentit sa tête cognée une pierre et s'évanouit, le sang s'écoulant de sa plaie et se répandant autour d'elle...


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Voilà pour le premier chapitre. Des avis? Des impressions?? Des remarques? Les comms sont là pour ça ^^
PS: le papillon vient de là!
Annalee

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# Posté le vendredi 13 juin 2008 17:13

Modifié le samedi 14 juin 2008 16:39

Chapitre 2

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Chapitre 2

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Angleterre, 1977 :

Ce fut Lyn qui ouvrit les yeux en premier, en ce beau matin du 26 août 1977. Encore une fois, elle s'était endormie à même le sol, tout comme Jenny et Annalee. Les trois filles avaient passé la soirée à discuter autour d'un ou deux verres, savamment remplis par Jenny qui s'amusait à essayer toutes sortes de mixtures, qu'elle appelait boissons, sur ses amies, devenus pour l'occasion ses cobayes.

Lynn tenta de se souvenir de leur dernier sujet de conversation, en vain. Jenny avait du y mettre une bonne dose d'alcool, dans sa dernière préparation ! Pensa-t-elle. Bah, peu importe de quoi elles parlaient, Lyn se rappelait le principal de leur conversation : Jenny leur avait avoué, après maintes supplications, le nom de sa nouvelle proie : Sirius Black !

Elle se rappelait encore comment elle avait manqué de s'étouffer à cette annonce, recrachant ce que Jenny avait appelé son Cocktail du soleil, subtil mélange de jus d'orange, sirop de grenadine et d'un alcool moldu, du whisky, le tout agrémenter d'un quartier de citron.

-Quoi ?!! Il ne te plait pas mon cocktail ?? Questionna Jenny.

-Hein ?! Euh... si. C'est pas ça...

-Bah qu'est-ce qui va pas alors ?

-Je crois que c'est Sirius Black, le problème. Intervint subtilement Annalee.

-Oh ! Tu voulais la place, Lyn ? C'est ça ? Parce que si c'est ça, tu n'as qu'à me le dire, je te le laisse.

-Pour rien au monde je ne voudrais de Black ! Cracha Lyn. Tu peux te le garder ! Mais je serais toi, je ne m'approcherais pas de lui. Tu sais comment il est...

-Mais justement ma chère Melynda !! Renchérit Jenny. Il est grand temps que quelqu'un lui rende la monnaie de sa pièce, vous ne croyez pas les filles ?

Un grand sourire mauvais s'afficha sur son visage, bientôt repris par Lyn.

-Oui, tu as bien raison ma Jenn !! Promet moi juste de le faire souffrir autant qu'il le mérite !

-Tout ce que tu veux ma belle. Conclu Jenn en tapant dans la main de son amie.

Rien qu'en y repensant, Lyn jubilait. Elle était bien placée pour savoir que Jenn n'y allait pas de main morte avec les mecs, surtout quand il s'agissait de les jeter.

Elle sentit soudain quelque chose remuer à côté d'elle. Repoussant le drap, elle s'aperçut que la chose en question, c'était Ann qui commençait à se réveiller, les cheveux en bataille. Un coup d'½il rapide lui permit de localiser Jenn sous l'amoncellement de couvertures et de coussins, quelques mètres plus loin.

Elle s'étira rapidement tout en baillant bruyamment, puis se leva, en essayant d'éviter de marcher sur ses amies, et gagna sa salle de bain personnelle pour une bonne douche revigorante. Une fois totalement réveillée, elle piocha au hasard dans sa valise et sortit un pantacourt noir, très taille basse, et un T-shirt blanc tout simple qu'elle passa prestement.

Son ventre se mit soudain à protester vigoureusement et elle alla de ce pas réveillé les deux marmottes qui ronflaient certainement encore à côté.

Elle s'apprêtait à ouvrir la porte à toute volée, histoire de bien leur faire peur dès le réveil mais manqua de faire une crise cardiaque face au spectacle qui l'attendait :

Ann était prête de pied en cape et elle entendait l'eau à la salle de bain, signe que Jenny était déjà levée, elle aussi.

-Bah ça alors !! J'ai manqué mourir de frayeur !!

-Eh eh !! Rigola Ann. Chacune son tour ma grande !!

-Tour de quoi ? S'incrusta Jenny, les cheveux encore dégoulinants.

-D'éviter de justesse de succomber d'une attaque. Railla Lyn.

-Oh, ça va !! Ce que tu peux être ronchon de bon matin !! Grommela Jenny.

-Tu peux parler !! Rigola Ann. Tu n'es guère mieux qu'elle.

-Ann, ma chère Ann...Commença Jenny, en s'approchant d'elle, une étincelle moqueuse dans le regard. Tu te rappelles de l'an dernier n'est-ce pas ? Tu te souviens de ce seau d'eau glacée placé méticuleusement au-dessus de ton lit ?

-Oui, c'est bon, j'ai compris !! Je me tais !! Dit Annalee en esquivant son amie d'un mouvement. Elle s'élança vers la sortie et s'enfuit en courant à travers la maison. Dans un éclat de rire, les deux autres lui emboitèrent le pas et toutes trois atterrirent à la cuisine pour s'affaler à la table.

Un grondement sourd s'éleva soudain, bientôt repris par un deuxième, puis un troisième.

-Je crois qu'il est grand temps de passer à table, les filles ! Lança Jenny, mettant ainsi un terme à la course.

Majeure depuis maintenant quatre mois, Jenny prépara d'un coup de baguette un copieux petit déjeuner qui disparut presque aussi rapidement, emporté par l'appétit féroce des trois filles.

-Alorch...Qu'ech qu'on fait auchourd'hui ? Questionna Lyn.

-Melynda Elridge !! Décidemment, vous n'êtes pas sortable !! On ne vous a jamais appris à ne pas parler la bouche pleine !! Récita Annalee.

-Et bien...Répondit Lyn en avalant sa bouchée, ma mère a bien essayé, sans succès !

-Oui, on voit ça !! Renchérit Jenny. Si seulement il n'y avait que ça...

Lyn lui tira la langue en guise de réponse et continua à manger, sans se soucier outre mesure de la remarque de son amie.

-N'empêche, la question en elle-même est pertinente. Que va-t-on bien pouvoir faire aujourd'hui...

-Et bien, j'avais pensé à aller faire un tout au Chemin de Traverse, nos lettres sont arrivées hier... Commença Ann.

-C'est pas faux. Compléta Lyn. Et peut être qu'on croisera Alyz !

-C'est dommage qu'elle n'ait pas pu venir cette année. Mais bon, tu connais ses parents...

Ann et Lyn acquiescèrent d'un hochement de tête et la conversation s'arrêta là.


*~*~*~*~*~*~*~*



Elles se promenaient toutes les trois sur le Chemin de Traverse quand elles approchèrent d'un petit attroupement d'où montaient des éclats de voix. Curieuse, Jenny s'approcha, suivit par ses deux amies. Elles se frayèrent un passage au travers de la foule compacte pour s'apercevoir qu'il ne s'agissait ni plus ni moins qu'une habituelle « scène de ménage » entre deux étudiants, j'ai nommé James Potter et Lily Evans. Dans un coin, un troisième élève remettait de l'ordre dans sa tenue débraillée tandis que trois autres observaient le spectacle, un air ravi pour deux d'entre eux, le troisième ayant plutôt l'air gêné de se retrouver mêlé à tout ça.

Questionnant les gens aux alentours, Jenny finit par connaitre le fin mot de l'histoire : Severus Rogue, qui venait de se faire la belle discrètement, déambulait tranquillement sur le Chemin de Traverse quand sa route croisa celle des quatre Maraudeurs. Bien évidemment, James et son ami de toujours, Sirius Black, ne purent s'empêcher de « s'amuser » un peu, après deux longs mois de privations.

-Jusque là, rien d'inhabituel. Grommela Annalee, que ce petit jeu entre les garçons exaspérait au plus haut point.

-Oui, mais c'est là que la petite rousse est intervenue ! Continua son informateur anonyme. En un tour de baguette, elle mit fin au spectacle et commença à crier sur le jeune homme à lunette que vous voyez là.

Comme toujours, Lily Evans n'avait pu s'empêcher de secourir Severus Rogue des mains de cet idiot de Potter. Pensa Jenny.

Et à ce moment précis, James venait encore, pour la énième fois, de faire sa demande à Lily, qui l'avait, pour la énième fois, gratifié d'une de ses magistrales gifles.

-Quand vas-tu enfin comprendre que JAMAIS, je ne m'abaisserai à sortir avec quelqu'un d'aussi immature que toi, Potter !! Rugissait la jeune rousse. Alors arrête de me harceler et profite du temps que tu auras ainsi pour grandir un peu !
-Mais...Lily, je...

-Arrête Potter !! Hurla la jeune fille. Je me fiche totalement de tes excuses minables et je te le répète encore une fois, arrête de me harceler, jamais je ne sortirai avec toi !

Et elle le planta ainsi sur place, continuant son chemin sans se soucier plus avant des regards que lui jetait la foule. James restait figé sur place, une main tenant sa joue droite qui rougissait à vue d'½il, la bouche entrouverte, comme choqué de ce qu'il venait d'entendre.

Les trois filles virent les Maraudeurs rejoindre leur ami comme l'attroupement se disloquait peu à peu.

-Allez viens James ! Ce n'est pas comme si c'était la première fois... Dit Sirius en attrapant son ami par le bras pour l'entraîner plus loin.

Amorphe, James suivit le mouvement, Remus Lupin le soutenant de l'autre côté.
Soudain, le hurlement de Jenny tira Annalee de sa rêverie :

-Alyz !!! On est là, Alyz !! Criait Jenny en agitant vigoureusement les bras, s'attirant ainsi les regards des quelques personnes encore présentes.

Un jeune fille aux cheveux bruns auburn se retourna et leur lança un sourire quand elle les aperçut. Contrairement aux trois autres, elle était plutôt petite et assez ronde. Elle n'était pas moche, mais n'attirait pas forcement le regard non plus. Son seul avantage résidait en ses yeux, d'une couleur bleu-violet pas très courante. A Gryffondor comme ses amies, elle avait cependant un an de moins que les autres et ne suivait donc pas les cours avec elles.

Les quatre jeunes filles se rejoignirent et s'étreignirent avec force. Malheureusement, les cris de Jenny avait attiré l'attention d'autres personnes, moins désirables celle là.

-Tiens, tiens, mais qui voilà ? Railla une voix. Ne serait-ce pas Kendall et sa bande ?

-Dégage Cowden... Soupira Jenny.

-Oui, elle a raison, Josh, tu ferais mieux de la laisser tranquille. Renchérit Lyn.

- On ne t'a pas causé à toi, Elridge. Continua-t-il, toujours méprisant. Tiens, bonjour Annalee, comment vas-tu ?

Josh Cowden, ou comment passer d'un extrême à l'autre en trente secondes montre en main !

-Je vais bien Josh, merci. Répondit cette dernière, aimable.

Etrangement, il n'y avait qu'avec Annalee qu'il était correct et avec qui il entretenait une conversation amicale.

-Bon, tu viens Ann !! C'est qu'on n'a pas toute la journée ! S'impatienta Jenny.

-Fiche nous la paix Kendall, tu veux ! La coupa Josh.

- Toi, lâche-nous plutôt ! Tu ne vois pas que tu l'emmerdes là, la pauvre Anna. Continua Lyn sur le même ton.

-Elle a raison Cowden ! Lança quelqu'un derrière eux. Laisse les tranquille et retourne donc joué avec tes copains Serdaigle, tu veux.

-Black ! Siffla le jeune homme. Mêle-toi de ce qui te regarde!

-Ces jeunes filles désirent que tu les laisse en paix. Tu n'as qu'à faire ce qu'elles te demandent et je n'aurai pas à m'en mêler. Énonça calmement Sirius. Bonjour Melynda, tu as passé de bonnes vacances, malgré ma tragique absence ? Demanda-t-il en lui lançant son sourire de séducteur invétéré.

-Je...Grr, il ne perd rien pour attendre celui là. Grogna Lyn. Quel culot !!

-Bon, on va se calmer là ! S'interposa Jenny. Sirius, merci d'être intervenu, mais on va se débrouiller. Lui dit-elle avec un sourire ravageur. Quand à toi Cowden, on allait justement partir, tu discuteras avec Ann à Poudlard, ok ? Bye tout le monde.

Elle n'avait pas fini sa phrase qu'elle entraînait déjà ses amies au travers de la foule et esquivait ainsi habilement la confrontation.

-Jenn !! Mais qu'est-ce qui t'as pris de parler comme ça à Black !! T'es folle ou quoi ? Rugit Melynda, quelques rues plus loin.

-Lyn, ma chère Lyn, as-tu oubliée notre plan ? Il n'est jamais trop tôt pour commencer !!

-Ouais... T'aurais quand même pu me prévenir avant... Grommela Lyn, faisant pouffer Annalee et Alyz par la même occasion.

Elles cheminèrent ainsi toutes les quatre l'après midi durant, sans oublier de déguster une de ses délicieuses glaces chez le meilleur glacier du Chemin de Traverse.


*~*~*~*~*~*~*~*



Ce soir était un soir bien particulier. C'était la veille de la rentrée et les filles profitaient de leurs dernières heures de tranquillité au maximum. Comme chaque année, elles avaient multiplié les photos et les avaient consignées en partie sur le mur de la chambre de Jenny et le reste, dans un livre spécial. Elles y gardaient ainsi l'intégralité de leurs photos des vacances qu'elles venaient de passer ensemble.

Et la tradition voulait qu'à chaque fin de vacance, on ressorte le vieux livre pour le feuilleter et se remémorer tous les bons moments. Mais surtout noter ce qu'elles n'avaient pas eu le temps de faire, pour l'été d'après. Et ce soir là, Melynda décidé que c'était le moment de ressortir le fameux livre.

-Pour une fois, je dirais que tu as eu une bonne idée Elridge ! Lança Jenny.

-Et oui, qu'est-ce que tu coirs, Kendall ! Y en a la dedans. Répliqua-t-elle, désignant sa tête d'un vague geste de la main.

Annalee ne put s'empêcher de pouffer, s'attirant par la même les regards perçant des deux filles. Elle se leva en vitesse et fila chercher le livre en question, évitant ainsi une conversation on ne peut plus houleuse.

C'était une habitude, un jeu entre les trois jeunes filles, chacune piquant l'autre au vif, la poussant à bout, jusqu'à la limite de l'explosion, si bien qu'en apparence, quelqu'un qui ne les connaissait pas aurait cru qu'elles étaient, encore, en train de se disputer. Bien entendu, Annalee et les autres savaient qu'aucune ne pensait un seul mot de ce qu'elles disaient. C'était comme ça entre elles, et rien ni personne ne pourrait changer ça.

Soulevant le couvercle du coffre en bois, Annalee récupéra le précieux grimoire aux pages cornées, le tenant avec milles précautions, comme s'il fut en cristal. Prudemment, elle retourna auprès de ses amies qui avaient, entre temps, préparé la rituelle « cérémonie du journal ». Les lumières avaient été coupés, la pièce uniquement éclairée par les bougies qui brûlaient aux pieds de Jenny.

La voyant arrivé avec la précieuse relique, Lyn se leva et commença :

-Par la puissance conjuguée des éléments, j'en appelle à notre Père, le Temps, afin que puisse perdurer à jamais les souvenirs portés par ce livre.

Réprimant un fou rire, Anna déposa religieusement le livre au milieu du cercle de bougies, sur le tapis sortit pour l'occasion. Lyn continua à palabrer, sans remarquer que les deux autres avaient les larmes qui leur montaient aux yeux, à force de se retenir de rire.

-Que la Terre conserve en Elle les fondements mêmes de nos souvenirs, que l'Air les porte sur ses ailes, au-delà des limites de la pensée humaine.

Jenny souffla deux bougies.

-Que le Feu et sa Flamme guerrière protège nos souvenirs de tout danger, que l'Eau et sa puissance les garde tout aussi vivant qu'au premier jour.

Ann souffla les deux dernières bougies.

Les trois filles furent plongées dans le noir total et durant quelques secondes, pas un bruit ne se fit entendre. Puis elles éclatèrent de rire toutes en même temps, brisant ainsi le silence respectueux imposé par la « cérémonie ».

-Non, mais franchement, les filles, il faudrait penser à revoir ce passage là ! Parce que, sérieusement, ça craint !!

-Oh là là, Ann ! Ne critique donc pas ! Je te rappelle que le passage du feu est de toi, si ma mémoire est bonne.

-Et moi, je te rappelle, Jenn, qu'on avait 12 ans à l'époque !! Rétorqua la brune.

-Pour une fois, je serais plutôt de l'avis d'Anna ! Se risque Melynda.

-Ah bah elle est belle la solidarité féminine, hein ! Railla Jenny.

-Bah ouais, solidarité avec ma petite Anna !! Renchérit Lyn, un grand sourire aux lèvres.

-Pff... De toute manière, j'ai toujours pensé qu'il était nul, ce rituel ! Conclua Jenny en ouvrant le recueil d'un geste sec.


*~*~*~*~*~*~*~*



France, 1992 :

Son corps n'était que douleur et souffrance. Sa tête l'élançait terriblement, il faisait noir tout autour d'elle, elle tenta d'ouvrir les yeux mais ne vit rien. Ou pouvait-elle bien être ? Qu'est-ce qu'il s'était passé, pourquoi est-ce qu'elle ne voyait rien ?

Puis elle entendit des voix, au loin. Enfin il lui semblait qu'elles étaient lointaines...

-Allongez-la ici, je vais m'en occuper.

Elle se sentit alors soulever du sol- ou de l'endroit ou elle était, quel qu'il soit- puis déposer sur quelque chose de plus confortable qu'elle ne put identifier. Il se passa quelques minutes ou elle n'entendit plus rien, puis un liquide amer lui coula dans la bouche. On la força à avaler. Elle perdit connaissance, à nouveau.


*~*~*~*~*~*~*~*



Elle sentit quelqu'un la secouer sans douceur.

-Hannah !! Hannah, réveillez-vous !

Elle entrouvrit les yeux, toujours le noir total... Et toujours cet élancement sourd à l'arrière de son cou.

-Hannah, est-ce que vous m'entendez ?

Elle connaissait cette voix, mais impossible de remettre un nom ou un visage dessus.
A nouveau elle tenta d'ouvrir les yeux. Une vague forme floue se dessina devant ses yeux, dans la pénombre.

Elle n'était pas aveugle, ouf !! Petit à petit sa vision se fit plus claire et elle put enfin distinguer la personne qui la secouait toujours. Son visage ne lui était pas inconnu.
-Pro...professeur ? Qu'est-ce...que m'est-il...arrivé ? Articula-t-elle avec peine.

-Détendez-vous Hannah, vous êtes sauve à présent. Je vais tout vous expliquer.

Il lui raconta alors comment il avait été contacté par un membre de l'Ordre, quelques jours auparavant, qui lui avait expliqué comment il avait découvert un piège grossier tendu par les Mangemorts, sur le lieu de rassemblement. Il s'était enfuit avant de se faire capturer et était venu le prévenir directement. Craignant le pire, Dumbledore s'était empressé de parcourir les différentes zones afin de retrouver les derniers membres avant Voldemort. C'est ainsi qu'ils étaient arrivés, lui et deux des membres restants, au beau milieu du parc ou elle se trouvait et l'avaient libérée.


Ils se tenaient actuellement dans une ferme abandonnée au beau milieu de nulle part. Les derniers rescapés d'une longue guerre sans merci. Quatre sorciers face à une armée... C'était la fin, Hannah le savait, ils avaient fait tout ce qu'ils pouvaient, mais ce n'était pas encore assez. Voldemort avait gagné et ils avaient perdus, entraînant les sorciers et moldus avec eux dans leur descente aux enfers.

-Lorsque vous vous sentirez mieux, j'aurai à vous parler, Hannah.

-Bien, professeur. Répondit-elle en replongeant dans le sommeil.


[
*~*~*~*~*~*~*~*



Le lendemain, elle fut soulagée d'apercevoir la lumière du jour en se réveillant, persuadée que sa nuit n'avait été qu'un mauvais cauchemar. Mais la douleur dans tout son corps lui rappela rapidement que tout était bien vrai. Elle inspecta alors rapidement son corps et fut rassurée en constatant qu'elle disposait encore de ses deux bras et de se deux jambes.

Tachant d'oublier la douleur, elle se leva et rejoignit les trois autres, dans la pièce à côté.

-Hannah, vous êtes réveillée ! Parfait, venez, prenez place. Une tasse de thé ?

-Non, merci Professeur.

-Bien. Nous étions en train de préparer un plan, le dernier à vrai dire. Continua-t-il dans un soupir.

-Euh...Oui...

- Comment vous sentez-vous ? Demanda-t-il alors, changeant complètement de sujet.

-Bien, si on oublie la douleur. Au moins, je suis encore en vie. Répondit-elle. Bien que je ne sache pas encore pour combien de temps. Pensa-t-elle.

-Parfait. La dernière réunion de l'Ordre peut alors commencer. Conclut Dumbledore.

Plusieurs heures durant, ils mirent au point une tactique, pour l'ultime bataille. Tous les quatre savaient très bien que tout était perdu d'avance, que jamais ils ne pourraient gagner cette guerre...Pas dans cette époque ci, tout du moins.

-Professeur, dois-je comprendre que vous avez trouvé ? Questionna la jeune femme.

-Effectivement, Hannah. Je pense avoir trouvé la clé de notre survie. Même si nous devrons tous mourir pour y parvenir.

-Je ne comprends pas...

-J'ai fait de nombreuses recherches, depuis des années. Elles ont été concluantes, d'une certaine manière. Nous ne pouvons pas abattre Voldemort, plus maintenant. Mais nous aurions pu le faire, il y a bien longtemps, il y a quatorze ans de cela.

-...

-Je ne pense pas que vous ayez oublié ce jour si tragique, en mai 1978.

-Qui le pourrait ? Rétorqua-t-elle, acide.

-C'est ce jour là que tout notre destin a basculé, ce jour là, une personne a trouvé la mort alors qu'elle n'aurait pas du.

-Comme tant d'autre, Professeur, tant de vies gâchées et tout ça pour rien ! Rugit-elle, au bord des larmes.

-Pas pour rien, chère Hannah, pas encore. Nous pouvons changer les choses, nous pouvons les sauver tous en La sauvant.

-Vous voulez dire...retourner dans le passé ? Demanda-t-elle en déglutissant difficilement.

-Oui, c'est exactement ce que je veux dire.

Il est fou ! La fin l'a rendu fou, il n'y a pas d'autres explications. Pensa Hannah.

-Mais...Qui ? Qui va repartir dans le passé ? Et faire quoi ? Comment pouvons-nous changer les choses ? Demanda-t-elle incrédule.

-Mais vous, bien sur !

-Moi ? Mais, comment ? Je ne comprends pas...

-Vous êtes la seule à pouvoir le faire, à pouvoir La sauver !

-Sauver qui ? Et comment ?

-Vous n'avez pas oublié Miss Evans, je suppose ?

Hannah retint son souffle comme ses souvenirs refaisaient surface, chamboulant toutes les barrières qu'elle avait mis si longtemps à ériger afin d'oublier ce jour si tragique.

-Lily... Souffla-t-elle...


. ' . ' . ' . ' . ' . ' . ' . ' . ' . ' . ' . ' . ' . ' . ' . ' . ' . ' . '

Voilà, j'espère que ça vous a plu!
Annalee


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# Posté le mardi 17 juin 2008 15:27

Chapitre 3

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Chapitre 3


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Angleterre, 1er septembre 1977 :

Annalee se leva avant même la première sonnerie de son réveil, comme à son habitude à chaque rentrée. Elle l'éteignit alors qu'il commençait à sonner et s'extirpa de son lit.
Tout en se dirigeant vers la salle de bain, elle sentit une petite boule se former au creux de son estomac, angoisse de la rentrée mais en même temps excitation de retourner dans le château qu'elle aimait tant.

Elle savoura cette sensation d'anticipation et de stress mêlé. Soudain, la vérité la percuta de plein fouet : C'était la dernière fois qu'elle ressentait ça, c'était sa dernière rentrée. Aujourd'hui, elle prendrait le Poudlard Express pour la dernière fois, elle écouterait le discours de Dumbledore pour la dernière fois... Cette année était la dernière en tout. Un sentiment de nostalgie s'empara alors d'elle, la submergea jusqu'à lui faire monter les larmes aux yeux.

Qu'allait-elle devenir après ça ? Elle n'avait jamais vraiment réfléchi à son avenir, pensant toujours qu'il y avait le temps pour le faire. Mais le temps est bien ce qu'il existe de plus difficile à retenir. Et elle se retrouvait là, aux portes de sa dernière année, sans savoir de quoi son avenir sera fait.

Rien de pire pour commencer une journée que de penser à ça !! Se dit-elle en se secouant.

Une demi-heure plus tard, elle était fin prête, sa valise à côté d'elle. Et comme d'habitude, Lyn et Jenn dormaient toujours profondément.

Après un réveil tout sauf en douceur et une bonne heure d'attente, les deux jeunes filles furent finalement sur pied, et toutes trois se jetèrent sur le copieux petit déjeuner que Mrs Kendall leur avait préparé.

A 10h tapantes, tout le monde embarqua dans la voiture de Mr Kendall qui conduisit les trois filles à la gare de King Cross. C'est avec un pincement au c½ur qu'Annalee traversa discrètement le mur entre les voies 9 et 10 et se retrouva sur le quai ou attendait le magnifique train à la locomotive rouge. Notant tous les détails, elle enregistra cette vision dans sa mémoire, pour ne jamais oublier ce qu'avaient été ses années à Poudlard.

-Allez, Ann viens ! Pour une fois qu'on est en avance, ne tardons pas.

Jenn, toujours et encore. Une hyperactive cette fille ! Pensa Ann en la suivant néanmoins. Il y avait encore peu de monde sur le quai, aussi n'eurent-elles pas besoin de jouer des coudes pour grimper dans le train.

-Viens, Lyn est partie devant chercher des places.

Ladite Lyn sortit alors sa tête d'un compartiment et agita la main, faisant signe à ses amies de la rejoindre.

-J'ai trouvé un compartiment libre, les filles ! Cria-t-elle.
-C'est normal, Lyn, à cette heure ci, ils le sont tous ! Réplique Ann en levant les yeux au ciel.

-Ouais...peu importe, celui-ci n'attendait que nous !

Les deux jeunes filles éclatèrent de rire devant les pitreries de Melynda et s'engouffrèrent dans le compartiment. Avec bien du mal, elles hissèrent leurs valises dans les rangements prévus à cet effet et s'affalèrent sur les sièges usés par le passage des nombreuses générations d'étudiants.

-C'est dingue ça ! Pourquoi est-ce que c'est toujours nous, les filles, qui avons les valises les plus lourdes et le plus de mal à les monter la haut ?? Clama Jenn.

-Tout simplement parce que c'est bien connu que les filles ont toujours une valise plus lourde que les garçons à cause de tous les trucs de filles qu'on peut y mettre. Répondit Lyn. Ce qui fait que les mecs ont, en apparence, moins de mal que nous à monter leur valise !

-Ouais...si tu le dit ! Ronchonna Jenn. En tout cas, ce n'est certainement pas parce qu'ils sont plus forts que nous !

-Non, c'est évident que non ! Railla Lyn.

Annalee se leva et ferma la porte de leur compartiment, le train commençant à se remplir petit à petit. Cette dernière émit un grincement sourd de protestation.

-Alors, prêtes pour votre dernière année, les filles ? Demanda Lyn.

-Tu parles, elle ne peut pas être pire que celle d'avant !

-Oh, Jenn, soit donc un peu plus optimiste, voyons ! Tu n'as pas hâte d'en avoir terminé avec les cours et les profs !

-En fait, ce n'est pas tant à la fin des cours qu'il faut penser, mais plutôt à ce que l'on va faire après... Hasarda Annalee.

Elles furent interrompues par le grincement de la porte que l'on coulissait à nouveau. Une tête rousse apparue alors à travers l'ouverture, surplombant des yeux bleu-violets rieurs.

-Alyz ! Te voilà ! Entre donc t'installer avec nous ! Dit Melynda.

-Euh, je ne crois pas que ce soit conseillé... hésita la petite Gryffondor.

Ses amies la dévisagèrent, incrédules. Soudain, la porte s'ouvrit plus grande pour laisser place à deux grands gaillards plutôt costauds.

-Alyz, non !! Gémit Lyn. Pas ça !

-Salut les filles ! Lança le plus grand des deux. Il n'y a plus de place ailleurs, alors on s'installe.

Sitôt dit, sitôt fait. Les garçons entrèrent, suivit péniblement par Alyz qu'ils venaient de bousculer. Deux autres arrivèrent quelques secondes après.

-Par Merlin, non ! Ann, qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? Se plaignait Melynda sur l'épaule de son amie.

-Lyn, voyons, remet toi, ça n'est pas si dramatique que ça !

-Oh si Anna, ça l'est !

-Je suis désolée les filles, je n'ai pas pu les empêcher de me suivre. S'excusa Alyz, penaude.

-Ce n'est pas ta faute Alyz, rassure toi. Même sans toi, ils nous auraient trouvées... Grogna Lyn, se ressaisissant.

Les quatre garçons avaient terminé de ranger leur valises, « moins lourdes que les nôtres » bougonna Jenn. Ils s'étaient installés sur la banquette en face de celle que les filles avaient monopolisée et avaient commencés à discuter tranquillement entre eux.

-Ils pourraient au moins s'excuser ! Grommela Lyn, toujours en colère.

-La petite Melynda aurait-elle quelque chose à dire ? Intervint le grand aux cheveux bruns mi-longs.

Lyn réagit au quart de tour : elle avait horreur qu'on la traite de petite, elle qui était la plus grande des quatre !

-JE NE SUIS PAS PETITE, BLACK ! Hurla-t-elle. Et oui, j'ai quelque chose à dire : Vous débarquez ici sans même nous demander notre avis, vous vous installez tranquille tous les quatre, sans un seul mot d'excuse ! Vous vous prenez pour qui, là ? Ca ne t'est pas venu à l'esprit qu'on pourrait attendre des gens ?

-Ben non, Alyz est là, qui voulez-vous attendre d'autre ? Vous n'avez pas d'autres amis ! Répondit Sirius, étonné de l'accès de colère de Melynda.

-Espèce de...Rugit-elle en se jetant sur lui. Elle n'eut même pas le temps de l'atteindre que déjà le deuxième s'était interposé.

-Potter ! Lâche-moi ! Laisse-moi l'étriper !

La pauvre Melynda se débattait tant bien que mal afin de se dégager de l'étreinte de James qui la ceinturait de plus belle. Sirius, quand à lui était plié de rire sur sa banquette. Annalee les regardait, effarée tandis que Jenn fouillait frénétiquement ses poches à la recherche de sa baguette.

- Lâche-moi, je te dis ! Criait toujours Lyn.

-Ah ça non ! Jamais je ne te laisserai toucher à Sirius. Comment je vais faire, moi, si tu me l'abimes ? Lança James, sur un ton plein de sous-entendus.

Ces mots eurent l'effet d'une douche froide sur Melynda qui se stoppa net. Un froid plana sur le compartiment, personne ne sachant quoi dire après cette révélation.

Le silence fut soudain brisé par un éclat de rire, provenant du jeune homme châtain assis aux côtés de Sirius.
Comprenant qu'on l'avait dupé, Melynda s'emporta de plus belle, griffant le garçon qui la tenait toujours.

-Vous n'êtes que des sales verracrasses, tous autant que vous êtes ! Hurlait-elle.

-Oh, allez Elridge, c'était juste histoire de rigoler un peu. S'excusait James.

Un sifflement aigu se fit entendre et le compartiment fut secoué comme le train commençait à partir. Sans rien pour se rattraper, Lyn se sentit partir en arrière, entraînant son assaillant avec elle. Ils furent au sol en moins de deux secondes, James écrasé entre le plancher et la jeune fille.

Ce fut à ce moment précis que Lily Evans décida de faire son entrée. Ses yeux fixèrent instantanément les deux étudiants avachis par terre, une expression choquée sur le visage.
Toujours riant, James leva la tête et s'aperçut de sa présence.

-Lily, non, ce n'est pas ce que tu crois ! Se précipita-t-il.

-Oh, mais je ne crois rien, Potter ! Tu as le droit de faire ce que tu veux, avec qui tu veux. Mais quand même, en public... Si j'avais eu une quelconque estime pour toi, elle en aurait pris en coup. Mais comme il n'en est rien, le problème ne se pose pas. Rétorqua-t-elle, cinglante.

Elle referma la porte dans un tourbillon de mèches fauves, laissant à terre un James on ne peut plus atterrer. Pour le coup, ce fut Lyn qui fut prise d'un fou rire. Les autres, figés par la scène ne bronchaient pas.

Se relevant, Lyn croisa le regard de James, toujours au sol. Une immense tristesse pouvait se lire dans ses yeux, les paroles de Lily l'avaient achevé. Le chagrin qui avait envahi le jeune homme percuta Lyn de plein fouet, qui arrêta net de rigoler.

Elle se sentit soudain toute honteuse de s'être moquée ainsi du malheur du jeune homme. Sa générosité refaisant surface, elle tendit la main à James.

-Allez viens, James. Tu ne vas pas rester assis par terre jusqu'à Poudlard, quand même. Essaya-t-elle.

Le dénommé James leva les yeux vers elle, surpris d'un tel revirement de situation. Hésitant, il attrapa la main qu'elle lui tendait et se releva à son tour.

-Merci. Souffla-t-il en reprenant sa place près de la fenêtre, face à Melynda, qui avait oublié ses projets de meurtre sur la personne de Sirius Black. Après un moment d'hésitation, les conversations reprirent. Annalee et Remus, très amis, se racontaient leurs vacances tandis que Jenn draguait ouvertement Sirius. Alyz était plongée dans son livre et Peter, le dernier Maraudeur, grignotait un paquet de gâteaux.
Dés½uvrée, Lyn jeta un coup d'½il sur James, assis en face d'elle. Il avait la tête appuyée contre la fenêtre et regardait le paysage défiler, le regard inexpressif. Elle se surprit à le détailler plus amplement.

Ses cheveux d'un noir d'encre étaient, comme d'habitude, complètement ébouriffés, partant dans tous les sens, formants des épis à l'arrière de sa tête, comme elle avait pu le remarquer en l'aidant à se relever. C'était un fait notoire au château que James Potter n'avait jamais réussit à discipliner sa chevelure rebelle, si tant est qu'il eut essayé un jour !

Son inspection continua par les courbes de son visage, marquées, presque anguleuses. Ses yeux noisette, d'habitudes rieurs, étaient aujourd'hui plongés dans une sombre mélancolie. Bon d'accord, il était totalement immature, arrogant et limite prétentieux sur les bords, mais Lyn trouvait que Lily en faisait quand même trop. Elle refusait ses avances, c'était son choix, certes, mais elle n'était pas obligée de le rabaisser comme ça à chaque fois !

D'ailleurs, Lyn ne comprenait pas pourquoi la jeune Evans persistait à le repousser. James était plutôt bien fait pour son âge, les muscles saillants sous sa chemise entrouverte qui lui moulait légèrement le torse. Elle avait aussi déjà remarqué, sur les conseils avisés de Jenny, qu'il n'avait pas que le torse de musclé.

A le voir ainsi, perdu dans ses sombres pensées, Lyn se mit à éprouver un soupçon de pitié pour cet être ainsi dénigré. Selon elle, personne, pas même James Potter, ne méritait d'être traité ainsi, en public de surcroit.

Délaissant son inspection du jeune Potter, elle tendit une oreille et capta vaguement la conversation qui se déroulait entre sa voisine et Sirius Black. Plutôt que conversation, il s'agissait en fait d'un long monologue de Jenny, que Sirius écoutait d'une oreille distraite, acquiesçant d'un grognement de temps en temps, pour faire bonne mesure.

Rien d'intéressant de ce côté-là. Décida Melynda. Arrivant chez Annalee, la conversation prit un tour un peu plus intéressant :

-Alors Ann, tu as profité de tes vacances pour rencontrer quelqu'un ? Hasarda Remus.

-Euh...et bien, pas vraiment. C'est-à-dire, que...le temps. Voilà, c'est ça, je n'ai pas eu le temps ! Récita Annalee qui avait viré au rouge tomate.

-Ah...ok. Répondit Remus, visiblement soulagé.

-Et toi ? Renchérit aussitôt Annalee, pressée de faire dériver la conversation.

-Oh, et bien...non, pas vraiment le temps non plus.

Remus ponctua sa réponse d'un petit rire discret,, repris aussitôt par Annalee, tous deux aussi gênés l'un que l'autre.

Melynda jugea qu'il était grand temps d'intervenir, tirant ainsi les deux amis d'un gros moment de silence.

-Eh les gens, vous savez ce que vous allez faire, à la fin de l'année? Lança-t-elle à la cantonade.

-Ouais ! Avec James, on va devenir Aurors ! Répondit aussitôt Sirius.

-Eh bien, je n'y ai pas vraiment réfléchi, mais je pense qu'une carrière dans le journalisme me tenterait bien. Déclara Jenny.

-Toi ? Journaliste ? S'étrangla Annalee. Mais enfin, Jenn, tu as horreur d'écrire !!

-Ah oui, c'est vrai ! Bah, je trouverai bien quelque chose ! Dit-elle en haussant les épaules.

-Et toi Annalee ? Questionna Remus.

-Je ne sais pas... je n'y ai pas encore pensé à vrai dire...

-C'est pas dur, qu'est-ce que tu aimes faire ?

-Et bien, j'adore lire, écrire et surtout apprendre, découvrir sans cesse des nouvelles choses...

-Prof, ça ne te plairait pas ? Ou alors travailler sur le développement de nouveaux traitements médicaux ?

-Oh, non, très peu pour moi l'enseignement ! Je suis bien trop timide pour ça !

-Et Médicomage alors ? Hasarda James, sortit temporairement de sa rêverie.

Annalee fronça les sourcils, retournant sous tous les angles la proposition du jeune homme.

-Ouais, c'est une idée ! Conclut-elle. A méditer !

-C'est bien, c'est bien tout ça ! Fit Lyn, frappant dans ses mains. Et les autres alors, qu'est-ce qui vous plairait alors ?

-Moi, j'aime les gâteaux ! Déclara Peter d'une petite voix.

Un fou rire ébranla le compartiment, sous les yeux incrédules du garçon.

-D'accord ! Laissons Peter avec ses sucreries ! Plaça Sirius entre deux hoquets. Mumus, à ton tour !

-Sirius ! Gronda James.

-Bah quoi ? Il a raison, pour une fois. S'étonne Lyn. Tu envisages quoi comme carrière, Remus ?

-A vrai dire, Auror me tenterait bien, comme les gars. Mais sinon, je travaillerais bien dans une librairie, ou quelque chose du genre.

-Ah ah ! Nous voici en présence d'un deuxième rat de bibliothèque, Ann ! Tu vois que tu n'es pas la seule ! S'exclama Jenny.

-Jenn, voyons ! La rabroua Alyz.

-Très bien, on avance, on avance. Il ne nous reste plus que la petite Melynda et Alyz ! Dit Sirius en insistant bien sur le petite, s'attirant ainsi un regard noir de la part de Lyn.

-Oh, vous savez, moi il me restera encore un an à faire à Poudlard, alors... Dit Alyz de sa petite voix flutée.

-Effectivement, ça te laisse encore le temps d'y réfléchir ! Lyn, à ton tour...

-Oh, moi ! Si je vous demande, c'est pour essayer de me faire une idée ! Rétorqua-t-elle en riant.


*********


La nuit commençait à tomber et James n'était toujours pas revenu de sa réunion des préfets. En effet, au grand étonnement de tous, lui le premier, James avait été nommé préfet-en-chef cette année. Une heure après le départ du train, il avait fièrement exhibé son insigne en déclarant qu'il était temps pour lui d'entrer dans ses dignes fonctions de chef des troupes !

Le train allait arriver dans quelques minutes et il n'était toujours pas de retour.

-Bon ! Je vais aller voir ou il est ! Déclara Sirius en se levant soudain. C'est qu'il ne faudrait pas qu'il oublie de descendre du train !

Il s'avança alors vers la porte et tendit la main pour saisir la clenche quand celle-ci s'abaissa d'elle-même. La porte s'ouvrit alors d'un coup en grinçant furieusement faisant sursauter Sirius qui lâcha un cri de surprise.
James apparut alors, un sourire jusqu'aux oreilles, rouge d'excitation.

- Tu ne devineras jamais Pat ! Hurla-t-il en se jetant sur son ami, les faisant ainsi tout deux tomber au sol.

-Non c'est sur qu'il aura du mal si tu continues à l'écraser de la sorte. Rigola Remus.

-Oups ! Ca va Sir ? Pas de mal ? Fit James en se relevant.

-Non non, ça va...Mais tu ne perds rien pour attendre mon gars !

-Oui, oui, si tu veux !! Continua James, ne l'écoutant qu'à moitié ! Mais tu ne connais pas la dernière hein Pat' ? Hein, hein !! Tu ne sais pas qu'aujourd'hui est le plus beau jour de ma vie, hein !

-Et bien, maintenant que tu le dis...Si !

-Hein ?! Mais non tu ne peux pas le savoir, ce n'est pas possible ! Rétorqua James, étonné de l'assurance de son ami de toujours.

-Si, tu viens de dire qu'aujourd'hui est le plus beau jour de ta vie, donc maintenant, je suis au courant ! Par contre, ce que je ne sais pas, c'est pourquoi ? Lily aurait-elle enfin accepté de sortir avec toi ?

-Euh...non...Ca sera mon deuxième plus beau jour de ma vie... Fit James en réfléchissant. Non, mais sérieux, Pat', tu ne devineras jamais !

- Bon, ce n'est pas la peine que je me fatigue à chercher alors, si je ne peux pas trouver ! Railla Sirius.

-Ah ah...très drôle Pat', très drôle !

-Oui je sais, j'ai un sens de l'humour hors du commun, pas la peine de me le dire ! Singea Sirius en faisant une courbette. Des gloussements s'élevèrent du côté des filles.

-Bon James, tu nous le dit enfin, ce fameux truc qui a fait de ce jour le plus beau de ta vie ! Dit Remus.

-Accrochez-vous bien !! Vous savez tous que je suis Préfet-en-Chef cette année...

-Oui, d'ailleurs on se demande bien ce qui a pris à Dumbledore de te l'accorder ! Le coupa Jenn.

- Eh Kendall, on ne t'a pas sonné !!

-Reste poli Potter, tu veux !

Choisissant de l'ignorer, James se retourna sur Sirius et lui annonça la grande nouvelle :

-La Préfète-en-Chef, et bien c'est Lily !! Rugit-il en sautant en l'air, libérant ainsi toute la joie qu'il contenait à grand peine jusque là.

-Quoi ??!! C'est ça ta grande nouvelle ?!

-Ouais !! C'est génial tu ne trouves pas ?

- Euh, si tu le dit....personnellement je ne vois pas trop en quoi c'est si génial que ça...

-Mais enfin Sirius !! Tu sais bien qu'en tant que Préfet-en-Chef, nous aurons des missions à effectuer, ensembles ! Je pourrai ainsi passer du temps avec elle, sans qu'elle puisse me renvoyer !

-Parce que faire un tour de garde dans le château, c'est une « mission » pour toi ! Attend James, tu ne vas pas sauver le monde non plus !!

-Et pis il faudra aussi organiser les sorties, les recrutements pour le Quidditch, et je demanderai à Dumbledore de faire un bal cette année, comme ça on l'organisera ensemble...
Et il continua ainsi durant encore de longues minutes, minutes durant lesquelles personne ne l'écoutait, ou quasiment pas. Etrangement, il ne s'en offusqua pas. En fait, pensa Lyn, je me demande même s'il s'en rend compte.

Finalement, le train entra en gare et les quatre filles poussèrent les Maraudeurs dehors afin de pouvoir s'habiller tranquillement. Cinq minutes plus tard, elles étaient dehors, bagages en main, prêtes pour affronte la nouvelle année qui s'annonçait.

Le train s'arrêta comme les garçons finissaient à leur tour de se préparer et tous descendirent du Poudlard Express. Se dirigeant vers les traditionnelles calèches sans conducteur, James fut rappelé par Lily qui lui faisait signe de la main.

-Désolé les gars, le devoir m'appelle !

Et il les planta là, leur laissant sa valise à porter. Ahuris, ils se regardèrent tous les trois, ne sachant pas comment prendre cet abandon en bonne et due forme.
Finalement, Sirius se secoua et entreprit de transporter les affaires de son frère de c½ur, sans pour autant se retenir de bougonner.

-Il va me le payer, tu vas voir ! Nous planter là pour les beaux yeux de sa rouquine ! C'est du jamais vu ! Il va le payer, et très cher, vous allez voir ! Foi de Patmol !

Se dépêchant, il s'installa dans une des carrioles, la dernière en fait. Annalee, Melynda, Jenny et Alyz y étaient déjà. Ils durent se serrer pour pouvoir y tenir à sept et c'est tout naturellement que Jenny vint s'installer sur les genoux de Sirius.

-Euh, Kendall, tu fais quoi là ? S'étrangla Sirius.

-Bah je fais de la place pour les autres ! Rétorqua-t-elle avec un sourire on ne peut plus équivoque.

-Hé hé...oui...fit Sirius, plus gêné qu'autre chose. Ecoute, tu es une fille très jolie et apparemment très sympa, mais tu vois, je vais être franc avec toi. Tu n'es pas mon type.

-Oh, mais ça ne fait rien. Je te ferai changer d'avis, tu verras ! J'ai tout mon temps, je peux attendre.

-Non je ne pense pas. Ce n'est pas contre toi, hein, mais ce sont des choses qui arrivent. Pour tout te dire, Melynda serait plus mon genre de fille...

-Tu peux toujours rêver...Grommela la concernée, sans que personne ne l'entendit, hormis sa voisine qui esquissa un sourire.

-Tu pourrais au moins me laisser une chance de te convaincre ! Rien qu'une toute petite minuscule chance... Fit Jenny avec des yeux de biche qu'elle seule pouvait faire.

Sirius ne répondit pas et la souleva de sur ses genoux pour la reposer à même le sol de la calèche, faisant fi de ses cris de protestation, ce qui déclencha le rire des cinq autres.

C'est donc une Jenny plus que bougon qui arriva au château et elle s'empressa de descendre avant même l'arrêt complet du véhicule. Ses amies durent courir derrière elle afin de pouvoir la suivre. Elles entrèrent directement dans la Grande Salle et filèrent s'installer à leur place habituelle. C'est-à dire le plus loin possible des Maraudeurs.

Et pour une fois, Jenny ne dit pas un mot sur leur éloignement de son centre d'intérêt actuel : Sirius.

Quelques instants après, les premières années firent leur entrée derrière Miss McGonagall, James et Lily terminant la marche. Ils les quittèrent à la hauteur de la table des Gryffondor et partirent tous deux rejoindre leurs amis.

Lily s'installa donc avec les filles de son année : autrement dit Ann, Lyn et Jenn. Lily n'avait jamais aussi proche des trois filles qu'elles l'étaient entre elles. Partageant le même dortoir, elles avaient noué une relation fragile mais néanmoins amicale. Elles discutaient de tout et de rien, des cours, des derniers potins, sans jamais s'avancer dans leurs vies privées respectives.

Lily n'avait pas de véritables amies, au sens stricte du terme, elle s'entendait bien avec quasiment tout le monde et elle était rarement seule, que ce soit à table, en cours ou en dehors. La seule personne dont elle fut proche était Izzy, Serdaigle de septième année, tout aussi rousse qu'elle. A vrai dire, elles auraient presque pu passer pour deux s½urs, d'un point de vue physique. Seulement, autant Lily avait un tempérament de feu, autant Izzy était le calme même. Oui, Izzy était ce qui se rapprochait le plus d'une amie pour Lily.

La voix de McGonagall retentit alors et la répartition commença. Les petits nouveaux étaient peu nombreux cette année, et seuls cinq atterrirent à Gryffondor. Trois autres furent envoyées à Serdaigle, quatre à Pouffsouffle et deux à Serpentard. Lyn ne put retenir tous les noms et à vrai dire, elle s'en fichait un peu, elle aurait bien le temps de les connaitre durant l'année à venir. Pour l'instant, seul son estomac grondant l'intéressait.

Une fois le dernier élève envoyé à Pouffsouffle, un certain MacGregor, Dumbledore se leva et souhaita la bienvenue à ses élèves, avant d'ouvrir le traditionnel banquet de la rentrée.
Comme à l'accoutumée, divers mets apparurent sur les tables et tout le monde se jeta sur les plats. Les quatre amies s'empressèrent de se servir et se mirent à manger tout en commentant les événements de la journée.

Une fois repues, elles gagnèrent leur tour et entreprirent de défaire leur valise et de ranger leurs affaires, reprenant ainsi possession des lieux.

-Ca fait bizarre de se retrouver tout en haut de la tour, cette année, vous ne trouvez pas ? Demanda Lyn alors qu'elle tentait vainement de faire tenir l'intégralité de ses valises dans son armoire.

-C'est surtout assez chiant, oui ! Rien que descendre à la Salle Commune nous prendra cinq minutes maintenant ! Râla Jenny.

-Oui, mais vous ne trouvez pas qu'elle est mieux que les autres cette chambre ? On dirait qu'elle est plus grande...

-Oui, tu as raison ! Et il y a une deuxième porte, regardez ! S'exclama Lyn en refermant la porte donnant sur le couloir, dévoilant ainsi une autre porte juste à côté.

Les trois filles s'empressèrent de l'ouvrir et ce qu'elles y trouvèrent les étonna plus que Nick-quasi-sans-tête lors de leur première rencontre.
Une petite pièce avait été aménagée, visiblement à leur attention. Quatre bureaux se trouvaient disposés dans la pièce, face à face. Un petit feu brûlait dans une minuscule cheminée, agrémentant ainsi la pièce de lumière et de chaleur.

Une enveloppe rouge et or se trouvait sur le premier bureau. Annalee s'en saisit et l'ouvrit :

Chers demoiselles Elridge, Evans, Fay et Kendall,

Tout d'abord, je tiens à vous souhaiter la bienvenue à Poudlard pour votre dernière année. Comme vous le savez, d'importants examens auront lieu à la fin de cette année scolaire. Aussi, le corps professoral et moi-même avons décidé d'installer pour la première fois une pièce magique dans chaque dortoir, à disposition des élèves de septième année, afin que vous puissiez travailler dans les meilleures conditions.

Nous espérons des commentaires positifs en retour de cette expérience menée pour la première fois au sein du collège.
Chaleureusement,

Albus Dumbledore.


-Alors, ça, pour une idée, c'est une super idée ! S'exclama Jenny. Je nous imagine déjà, mon Sirius et moi, seuls dans cette pièce...

-Jenn !!! S'exclama Annalee, choquée ! Cette pièce est là uniquement pour travailler, pas pour...

-Sur ce point là, elle n'a pas tout à fait tort ! Renchérit Melynda. Tu n'auras qu'à aller dans leur pièce à eux ! Conclut-elle avec un clin d'½il pour la blonde.


*********


France, 1er septembre 1992 :

Cela faisait maintenant une semaine que les quatre survivants occupaient la petite ferme abandonnée. Ils savaient bien que Voldemort ne mettrait plus longtemps avant de les retrouver, mais aucun n'avait pensé à s'enfuir. Pour aller où, de toute manière ? Il n'y avait plus un endroit sûr dans ce monde en proie au carnage et au mal. Non, s'enfuir n'aurait fait que reculé l'inévitable, la dernière bataille approchait et tous savaient que l'issue leur serait fatale.

Ils avaient mis à profit ces derniers jours pour peaufiner leur dernière action, qui était toute simple en fait. Albus avait mis les deux sorciers au courant de leur tentative de remonter le temps afin de changer le passé, pour sauver leur futur à tous. Gilles, le français de 27 ans, et l'irlandais Connor, de deux ans son cadet, avaient tout de suite saisit l'enjeu d'une telle action. Ils avaient assuré à Dumbledore de faire tout pour lui permettre de renvoyer Hannah dans le passé, avant l'arrivée de Voldemort.

-Mais, pourquoi ne l'envoyez-vous pas tout de suite là bas ? avait demandé Gilles quelque jour plus tôt.

-Question pertinente, mon jeune ami. Répondit Albus. Tout simplement parce que l'incantation ne fonctionne que les nuits sans lune.

-Et la prochaine...

-...est le premier septembre, dans trois jours, oui !

-Nous tiendrons jusque là, je vous en fais le serment.

Et il avait tenu sa promesse. L'armée du Mage Noir les avait localisés voilà deux heures et ils se rassemblaient à l'extérieur, cernant l'ancienne demeure.
Les trois sorciers avaient minutieusement préparé leur défense tandis que Dumbledore récupérait les derniers éléments nécessaires au voyage dans le temps. L'extérieur avait été truffé de pièges destinés à retenir l'ennemi le plus longtemps possible.

L'attaque était maintenant imminente, la majorité des forces de Voldemort était là, encerclant la maison. La nuit était tombée depuis une heure ou deux et l'absence de lune rendait l'atmosphère encore plus sinistre. Tous savaient qu'ils ne verraient plus le soleil se lever, que leur combat allait s'arrêter là. Leur vie également...

Ils étaient tous quatre installé autour de la table, dans ce qui servait de cuisine au petit groupe. Albus avait disposé les quelques objets nécessaires sur un coin de nappe, un retourneur de temps, le dernier qui soit, quelques racines et plantes qu'Hannah ne parvint pas à identifier, et un petit peigne qu'elle identifia instantanément être celui que Lily portait quelques jours avant sa mort.

-Ou avez-vous trouvé ça ? Demanda-t-elle en désignant le petit objet bleu.

-Il est des choses qui font mieux de rester secrètes, Hannah. Vous n'avez pas besoin d'en connaitre la provenance. Tout ce que vous devez savoir, c'est que ce voyage dans le temps est impossible sans un objet ayant appartenu à une personne vivant au temps ou nous voulons nous rendre. J'ai de plus pensé qu'un objet de Lily rajouterait à la force de ce sortilège, étant donné que le but de cette mission est de la sauver.

Hannah ne répondit pas, perdue qu'elle était dans ses souvenirs. Soudain, un grondement fit trembler toute la maison, du sol au plafond.

-Mes amis, commença Dumbledore, nus y sommes. Nous sommes là, en ce samedi 1er septembre 1992, derniers survivants d'un ordre plus ancien que vous ne pouvez l'imaginer, derniers survivants des sorciers en ce monde. Et notre fin s'étend devant notre porte. Je ne vous raconterez pas que tout est encore possible, ça serait vous mentir. Il n'y a plus aucun espoir pour nous en ce monde ci. Dans quelques heures nous ne serons plus, et mon dernier espoir réside en cette jeune femme et la dernière action qu'elle s'apprête à mener pour notre salut à tous. Je vous demande de tenir cette maison aussi longtemps que possible, de me laisser le temps de finir ce sortilège. Après quoi je vous rejoindrai et c'est ensemble que nous affronterons la mort, mes amis.

D'un hochement de tête, Connor et Gilles quittèrent la pièce et se rendirent à leur poste, déclenchant les défenses mises en place les jours précédents.

-Professeur, vous êtes sûr de ce que vous faites ? Demanda Hannah.

-Rien n'est moins sûr que ce que nous allons tenter ce soir, ma chère. Mais je n'ai pas d'autre solution à vous proposer.

-Oui, je vois... Et si je vous demande comment je vais atterrir là bas, vous ne saurez pas me répondre, je présume. Est-ce que je garderai mon apparence de maintenant, ou alors je reviendrai celle que j'étais il y a 14 ans ?

-Très franchement, Hannah, je n'en sais rien. Je ne sais même pas si vous y arriverez...

Hannah hocha la tête, en signe d'assentiment.

-Si je comprends bien, j'ai le choix entre une mort imminente ici, ou un saut dans l'inconnu total. Ricana-t-elle.

-Je n'aurais su mieux dire moi-même. Répondit Dumbledore en souriant.

-Bon, eh bien qu'est-ce qu'on attend, alors ? Conclu Hannah en saisissant une plante aux feuilles piquantes.


*********


Une heure après, tout étais prêt. Les garçons tenaient bon, apparemment. Des tremblements agitaient la maison régulièrement. La veille, Dumbledore avait rajouté quelques protections supplémentaires. Rien n'est jamais superflu en temps de guerre.

La potion fumait encore quand Albus la versa dans un grand verre à peu près propre. Hannah s'en saisit d'une main, tenant fermement le petit peigne dans l'autre.

-Faites bien attention à tout boire, Hannah. Jusqu'à la dernière goutte. Et attendez la fin de l'incantation.

-Oui, oui, je sais tout ça ! Grogna-t-elle.

Elle allait ajouter autre chose quand ils furent interrompus par l'explosion de la porte sur leur droite. Connor apparut alors, trainant derrière lui son collègue évanoui.

-Je suis désolé, Albus. Nous n'avons pas pu tenir plus longtemps. Ils seront sur nous d'une seconde à l'autre.

Dumbledore hocha de la tête et commença à réciter son incantation, dans une langue qu'Hannah ne connaissait pas. A vrai dire, elle ne l'entendait même pas. Des bruits d'explosion retentissaient partout autour d'eux maintenant. De la fumée s'infiltra par la porte ouverte et une silhouette sombre se dessina derrière l'écran gris qu'elle formait.

-Ils sont là ! Hurla la créature.

Connor avait posé son compagnon contre un mur, qui reprenait peu à peu ses esprits. Hannah gravait dans sa mémoire les derniers instants de sa vie, voulant toujours se rappeler les conséquences qui découleraient si sa mission venait à échouer. En ces derniers instants, il lui semblait percevoir le monde plus clairement que jamais. Puis tout se confondit, hurlements, sorts qui fusaient, tremblements et grondements qui secouaient la terre. Elle ne se rendit même pas compte que Dumbledore avait terminé sa tirade.

-Hannah ! Hannah ! Maintenant ! Lui hurla celui-ci en actionnant le retourneur de temps qu'il tenait à la main.

D'une traite, elle avala le contenu du verre qu'elle tenait à la main. Le liquide était encore chaud et coulait dans sa gorge. Puis un rayon lumineux bleu arriva et fit éclater le verre.

Est-ce qu'il en restait encore, ou avait-elle eu le temps de tout boire ? La peur s'empara d'elle à l'idée que tout avait raté et elle se saisit de sa baguette, prête à défendre chèrement sa vie le cas échéant.

Les minutes qui suivirent furent affreuses pour elle. La bataille faisait rage et Gilles et Connor venaient de tomber sous ses yeux. Soudain Voldemort fit son entrée, imposant, effrayant. Instinctivement, Dumbledore s'interposa entre Hannah et lui. Le combat s'engagea alors et tout le monde se stoppa à côté.

Puis Hannah sentit son corps se faire plus léger, son esprit plus brumeux. Elle lança un regard vers ses pieds et s'aperçut qu'ils avaient disparus. Tout comme ses mains apparemment. Pensa-t-elle.

Elle voulut crier mais son corps ne lui obéissait plus. Dans une ultime tentative, elle tourna les yeux vers Dumbledore qui la fixa alors, un sourire éclatant figé sur son visage.
Ce fut la dernière vision de sa vie qu'elle emporta avec elle, alors que Voldemort profita de l'inattention de son adversaire pour lancer le sort fatal.

Elle disparu alors, emportée dans les méandres du temps et de l'histoire, suivie par le hurlement glacial du sombre sorcier, fou de rage d'avoir laissé s'échapper la dernière sorcière du monde. Puis se fut le trou noir...

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Voilà pour le chapitre 3...
A bient pour la suite.

Annalee


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# Posté le jeudi 03 juillet 2008 08:39